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Papiers, encres et reliures : comment se fabrique un livre d'art

Le journal de la maison — 14 juillet 2026

Un livre d'art se joue autant dans l'atelier de l'imprimeur que sur la table du graphiste. Entre le moment où les images sont choisies et celui où l'ouvrage arrive chez vous, une quinzaine de décisions techniques déterminent ce que sera l'objet. Voici celles qui comptent vraiment, telles que nous les prenons pour chaque titre.

Le papier, d'abord

Le choix du papier précède tout le reste, car il commande le rendu des images. Un papier couché mat restitue les tirages photographiques anciens sans les lustrer : c'est ce que nous utilisons pour la collection Archives Sélectives, où les images ont déjà leur propre grain. Un papier bouffant, plus épais et légèrement crème, convient aux ouvrages très textuels et donne du volume au dos. Le grammage se choisit en fonction de l'opacité recherchée : rien n'est plus gênant, en double page, qu'une image de la page suivante qui transparaît.

Quadrichromie, deux tons, ou les deux

La quadrichromie reste la norme pour la photographie couleur. Mais certains sujets gagnent à l'impression en deux tons — un noir enrichi d'une seconde couleur —, qui donne aux images en noir et blanc une profondeur que la quadrichromie n'atteint pas. Sur des objets de design photographiés sur fond neutre, l'effet est spectaculaire et le coût maîtrisé. Le choix se fait sur épreuve, jamais sur écran : c'est la règle absolue.

Reliures : cousue, collée, suisse

  • Le dos carré collé convient aux ouvrages fins et peu manipulés ; il vieillit mal sur les livres épais, dont les pages finissent par se détacher.
  • La reliure cousue assemble des cahiers par du fil : c'est la seule qui garantisse qu'un livre survivra à des centaines d'ouvertures.
  • La reliure suisse colle le bloc-livre à la seule troisième de couverture, laissant le dos libre : le livre s'ouvre parfaitement à plat, décisif pour les images en double page.
Le colophon : cette page en fin d'ouvrage indique l'imprimeur, le papier, les caractères typographiques et le tirage. Nous la considérons comme une obligation morale : un lecteur doit pouvoir savoir comment son livre a été fait, et par qui.

Et pour les enfants ?

Les contraintes changent : pages cartonnées épaisses pour les tout-petits, coins arrondis, vernis résistant, cahiers cousus pour les albums qui seront lus trois cents fois. La collection The Stories applique exactement les mêmes exigences de couleur et de papier que les ouvrages adultes — c'est même là qu'elles se voient le plus, parce qu'un enfant regarde une image bien plus longtemps qu'un adulte.

Pour voir ces choix appliqués, parcourez les ouvrages d'Archives Sélectives, ou lisez comment nous datons les images qui les composent dans cet article.